Des eaux vivantes, l’épée est venue à moi

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Sous le signe de Vénus: Mon coeur était celui d’une mortelle et il se débattait pour survivre. En proie au doute, ma foi en la vie était poursuivit par les démons de la mort, dans quelle situation pitoyable j’étais quand je voyais dans la vitrine cette représentation presque identique au symbole fort et si inspirant de cette chose qui m’allait droit au coeur. Symbole sacro-saint, tu me sourit à chaque fois que je passe sur le chemin. L’objet était exposé en vitrine depuis au moins 6 mois. À ce moment dans ma vie, il ne me restait plus que le monde physique pour me rappeler ce profond symbole du vivant invisible. Mais toujours, cet instrument était là, à me murmurer de ne jamais perdre espoir. Il m’arrivait de m’arrêter devant, de longues minutes.

damedulacUn katana. Celui-ci ressemblait étrangement à l’épée qui, six ans auparavant, était sortie des eaux vivantes, tendue respectueusement par des mains de femme et était venue à moi avec tellement de clarté. Cette vision de l’épée réveillait quelque chose dans mon coeur… comme ce temps-là était encore si proche en ma mémoire. Comme à ce temps-là, j’étais si privilégiée. Je pensais que c’était normal. Je me trompais.

L’humaine en moi souffrait dans son coeur, un sentiment de désoeuvrement la suivait partout et elle se rappelait: «Dans mon être, tout s’animait vite. C’était facile, comme un jeu d’enfant. La lumière apparaissait, rapidement et en toute simplicité. J’étais consciente que tout se jouait, que tout se transformait, j’étais prête à jouer franc jeu. Longtemps, j’avais désirée cela. C’était merveilleux, tellement spécial, unique à vivre. Tiré par la force des succès. J’étais exactement là, dans un état d’éveil croissant, dans le moment exacte au présent. À faire découverte, sur découverte, sur découverte. C’était efficace. Sans équivoque.

leseditions_lvbAvec cette force interne active et réveillée. J’étais à l’affût, à observer à l’intérieur de moi, face à la vraie perception de la vie et combien déterminée à instaurer cette paix qui naissait en moi. J’étais maintenant habituée à affronter l’ennemi aux multiples visages, celui terrible qui cherche à tout moment à nous sortir de nous-même, l’intrus qui s’invite chez nous pour mettre le désordre dans notre quotidien, nous éloigner de notre équilibre, de notre bien-être et tenter hypocritement de nous affaiblir. C’est d’abord subtil, ça parait inoffensif, mais en vérité c’est un ennemi impitoyable. Un monstre terriblement pervers qui se nomme Chaos. Il est Ce qui détruit, son but est la Destruction. Et il continue son plan diabolique à chaque instant, il détruit encore un peu plus la planète et perpétue son règne sur la planète toute entière. Il détruit tout. Et moi, la première. Les ténèbres m’envahissent à nouveau et reprennent leur règne sur moi.

cupidonAssaillit par le sentiment d’injustice, monte en moi la colère d’une ancienne combattante. Le regard frondeur, lançant des éclats dans le noir, des pensées résonnent dans ma tête: «Les attaques étaient facilement évitables. Je m’armais d’une grande vigilance, une lucidité d’une acuité bien aiguisée, je pouvais traquer l’ennemi avec l’assurance du vainqueur et l’affaiblir, de fois en fois. Le monstre aux milles visages se tenait là et la lumière le meurtrissait terriblement. J’arborais bravement la confiance dans le Juste et la Vérité, comme j’estimais que ces valeurs nous sont dues, qu’on en a un droit acquit. Mais qui êtes-vous, Êtres du ciel? Vous qui m’accordaient de votre temps. Vous étiez à mes côtés, sans que je le sache. Dans ma solitude, je n’étais pas seule. J’étais inébranlable devant les défis. Je me sentais prête à les relever. Et le message, fulgurant, instantané, ce jour-là, m’a montré à quel point, vous étiez au courant de ce qui se passait et me souteniez dans mon combat. Cet encouragement, je l’ai reçu à la fraction de seconde, ce matin-là, avant même d’ouvrir les yeux, j’ai sentis la réalité m’accabler comme un vertige… pour la première fois, j’hésitais à ouvrir les yeux et affronter ma journée. L’épée est venue à moi, dans une célébration de couleurs vives, dans une clarté surnaturelle. Des êtres crurent-ils en moi? A-t-on vu peut-être le mur contre lequel j’allais bientôt m’écraser? Je prenais tout ce que je pouvais sur moi. J’ai résisté aussi longtemps que je pus. Parce que j’avais des preuves à chaque instant que c’était dans l’ordre du possible. L’épée est venue à moi, malgré la venue du dernier combat.

La rebelle en moi se révoltait: «Avez-vous eu pitié de moi? Vous vous êtes dit peut-être: «Donnons-lui une médaille pour ses exploits.»

imageQue pouvais-je faire? Tout a été sacrifié. Tout a volé en éclat. Cette gloire aussitôt reçue – pas le temps de célébrer – que le sol s’ouvrait déjà sous mes pieds et je tombais dans un précipice sans fond. Tout fut anéanti. Je fut pousser à ma perte. Le chaos m’a surpris là où je ne l’attendais pas. Il a réussi à s’infiltrer loin dans mon passé, partout où j’avais mis une confiance aveugle. Je me suis retournée devant son attaque et je n’ai pas cru ce que je voyais, et je n’ai pas cru ce que j’entendais. Je me suis sentie terrassée. Je vacillais. Et rugissant, le chaos monta de l’enfer, me transperça par tous les liens de sang, de coeur et de vie. Mon sang venait à manquer. Je craignis pour ma vie. Et partout, les rires fusaient, tout autour de moi, partout, on se moquaient de moi. La réalité était pire que le récit.

Le coeur contrit, la mortelle en moi a eu à répondre sur le terrain. Son expérience la poussa à une meilleure humilité. Le ciel restait muet, la justice manquait de souffle. 

Mais tranquillement se dissipe la fumée. Et la justice universelle vient progressivement à se montrer. Sa lumière diffuse peu à peu et commence à percer et mettre en évidence les faits. Pour la première fois de sa vie, la misérable obtient un peu de respect des siens. Le temps aidant, tout vient à s’éclaircir à qui sait voir.

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Copyright © Mercredi le 5 octobre 2011, rév. le 21 mars 2018. Emmnauelle Dubarle (Asuni). Tous droits réservés.