Sous tutelle bienveillante, un retour inespéré à ma Divine Mère Protectrice

Avent
Traditionnelle couronne de l’Avent.

Sous le signe de Saturne: «Un retour sur moi était quelque chose que je ne pensais faire, parce qu’il me semblait déjà être assez tournée vers moi-même. Cependant, la vanité de ma vie jusque là était à son comble.

Le XXe siècle tirait à ses derniers jours. Nous étions sans le savoir en pleine période de ce qu’on appelle l’«Avent». Mais le temps des fêtes de fin d’année était cette fois-ci encore plus pénible que les autres. 

Je me trouvais en compagnie de mes deux meilleurs amis. Ils tentaient tant bien que mal à me changer les idées. Et c’est tard dans la soirée que je pris congé d’eux.

Cette nuit-là, quelque chose d’impensable est arrivé. Peut-être que le compte à rebours sonnait de plus en plus fort. Peut-être était-ce le fait de m’éloigner de la compagnie de mes amis, me retrouver avec moi-même, hantée par des événements que je refusais de vivre, face à une insomnie qui avait pris l’habitude de m’attendre le soir, le peu de force en moi causée par le refus répété de manger et un retour devenu systématique à un univers de détresse chronique intérieure, à peine ma porte de chambre poussée que je ressentais un sentiment très fort d’exil, comme un vertige ou un mal de cœur.

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Trophime Bigot, Allégorie de la Vanité (huile sur toile, v. 1630).

Cela déclencha en moi une peur enfantine, effrayante. Je fus submergée par l’appréhension du passage inexorable et inévitable d’une autre longue nuit blanche qui en plus, cette fois-ci, m’attendait en compagnie de «ça». Le cocktail de fatigue, de faim et d’insomnie, le long de ces semaines turbulentes, mêlé maintenant à cette frayeur qui s’y ajoutait, m’acculait véritablement devant une impasse qui me parut à ce moment infranchissable. Je dus alors prendre la résolution de faire face à cette peur absurde et incontrôlable, espérant de toute mes forces de l’aide.

Intervention d’une mystérieuse «Table Ronde»

Dans la nuit noire, je tentais de résister à ces ombres terrifiantes qui semblaient, de partout autour, me menacer. Cramponnée à mes draps comme une fillette, j’observais cette peur qui me terrassait, stupéfaite. La fatigue et la dérision m’engloutirent alors et me firent descendre dans un état au bort de la somnolence, poursuivit toujours par cette peur lancinante.

Cherchant en vain une issue, mi-consciente, mi-endormie, j’étais plongée dans mes interrogations…

Paracelsus
Paracelsemédecinphilosophe et théologien laïque suisse, d’expression allemande (de dialecte alémanique).

Je découvris presqu’aussitôt une intrusion se mêler au combat. Une sorte de voix semblait induire une réponse en moi, comme l’infirmation que cette peur n’était pas une peur d’adulte. La voix s’insurgeait plus en avant encore, elle me questionna: «À quel âge, penses-tu, qu’une telle peur puisse survenir?» Abasourdie par cette intervention insolite, je me vis pourtant réfléchir à la remarque et, me tournant vers cette peur qui me submergeait, j’en vins à convenir que cela devait être un âge vraiment jeune. À travers l’état hypnotique où je me trouvais, la présence semblait m’assister et j’eus alors le sentiment d’entrevoir les traits d’un visage qui laissaient paraître beaucoup de vécu. Qui était-ce ? De toute évidence, son air qui me sembla un peu rustre, cette nuit-là, et sa proximité avec moi me décontenança. Dans l’état de semi-rêve, semi-conscience où je me trouvais, je me suis vue me détourner du regard. Le personnage alors recula, il ressemblait à ce médecin, philosophe et théologien laïque suisse, qui se faisait appeler Paracelsus. Il tourna des talons et partit s’asseoir à ce qui me sembla être une grande table ronde autour de laquelle irradiaient plusieurs autres présences.

Galenus
Claude Galien (Claudius Galenus), grand médecin grec.

Tout d’un coup, je réalisais que j’étais au cœur d’une assemblée impromptue où les personnages semblaient s’échanger des observations.

À côté de celui qui venait de s’asseoir, un autre à sa gauche me regardant, resta immobile, sans bouger. Celui-là eu surement une influence importante sur moi car la vue de son refus à intervenir auprès de moi me dérangeait. Cela résonnait comme un avertissement, m’inclinant au respect de l’événement en cours et à plus de vigilance dès cet instant à ce qui se passait. D’une apparence sobre, il pouvait certainement s’apparenter au médecin grec du nom latin Galenus qui se nomme Claude Galien.

Malgré mon comportement discutable, l’assistance ne fut pas ajournée. Aujourd’hui, je sais que je ne les remercierais jamais assez d’avoir insisté.

Hippocrates
Hippocrate, médecin grec, philosophe, considéré traditionnellement comme le «père de la médecine».

Alors sans attendre, toujours vers la gauche, le personnage suivant se tourna vers moi. Il m’adressa ces paroles: «Avec toi, tes sœurs allaient souvent jouer dehors. Tu t’en souviens, c’était en hiver, mais peut-être était-ce l’été?», je vis alors apparaitre mes sœurs. Petites, nous aimions beaucoup jouer ensemble. Plus rassurée, j’entrepris de trouver des points de repère en lien à la saison de l’année dont il voulait faire allusion. Il me sembla que le temps frais annonçait l’hiver. À cette remarque télépathique, mon interlocuteur acquiesçait, il poursuivit: «Oui… effectivement, parce que, en cette saison, tu te souviens comment tu étais habillée?» Dans mon état semi-comateux, je lui affirmais sans résistance et reconnu une scène dans laquelle je pouvais voir le détail de mes vêtements. Alors la présence s’approche encore un peu plus vers moi et sans attendre, renchérit : «Exact, tu t’en souviens! ces vêtements sont gravés dans ta mémoire parce que c’est bien ceux-là que tu portais quand c’est arrivé.» Et là, en l’espace d’une fraction de seconde, j’ai vu. Mes yeux d’adulte comprirent alors ce que jadis les yeux de la fillette ne voyaient pas. Ainsi fut l’intervention du troisième personnage de l’assemblée auquel je donne sans hésitation son célèbre nom de médecin: Hippocrate.

Les autres n’auront pas besoin d’intervenir.

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L’«Immaculée Conception» [de la Divine Mère Protectrice], huile sur toile (1628-1629) de Pierre Paul Rubens, Musée du Prado.

Satisfaite, la Table ronde de ce que j’appelle maintenant les Sept Anges de Guérison s’éloigna calmement, me laissant désormais dans le tumulte de mes intrigues. La fatigue mêlée à un état agité m’entrainèrent dans cette époque oubliée. La peur avait disparu, remplacée par ce segment de vie qui revenait en mémoire. Je me débattais maintenant dans cette marée montante du souvenir, cherchant le nord, m’enfonçant dans une nuit sans limite, engouffrée dans un tourbillon de lutte où je m’efforçais de résister à la tentation d’errer dans le « no-man’s-land ».

Ainsi, cette nuit-là, au travers de cette sorte de catharsis astrale spirituelle, vint à moi une Table ronde mystique des Sept Anges de Guérison pour solliciter en moi une chose invraisemblable: la Conception, le retour et l’activation d’une partie mystique intérieure puissante: ma Mère Divine Individuelle, protectrice, celle-là qui, lorsque j’utilise diligemment ma capacité à me maintenir en état de vigilance, voit et a le pouvoir de détruire à l’intérieur de moi les innombrables états inconscients qui surgissent hors de ma volonté, m’emprisonnent et me nuisent, ELLE est à nouveau présente en moi pour me permettre de cheminer et me faire grandir en conscience.

Ainsi, s’amorçait en l’an 2000 après le rétablissement de ma relation intime avec ma Mère Divine, mes premières démarches véritables vers le chemin de la libération. Par une première étape: un processus de guérison sur trois ans dans un lieu anonyme, loin des regards, dirigé par le CALACS de Montréal. Cela marquait le commencement de l’épanouissement d’une nouvelle existence pour moi, à la recherche de la vérité, celle qui permet d’élever peu à peu son niveau d’être, qui me rapprochait vers une deuxième naissance, celle à laquelle nous naissons à nous-même, après la naissance, survenu 30 ans plus tôt, au monde physique.»

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Copyright © 21 mars 2018, révisé le 26 nov. 2018. Emmnauelle Dubarle (Asuni).
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